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Un cas de réfraction : le mien

Y a des plombes, déjà, mes bons maît’es des Quinze-Vingts m’ont tout appris de la réfraction ; ils m’ont dit : "Marcus, quand un gus a des lunettes et qu’il veut casser sa tirelire pour les changer, ben toi tu les mesures au fronto et - surtout - tu lui remets la même chose. Plus tard, quand tu seras riche et que tu auras des sous, tu recopieras le ticket de l’autoréf. en faisant bien attention de ne pas te tromper entre l’œil droit et l’œil gauche. Si des fois c’est un gamin qui voit rien au tableau : tu fais un mot à la maitresse pour qu’elle le rapproche”.
La réfraction, j’avais tout compris et, comme Jean Leid et M. Jourdain réunis, je faisais des verres sans le savoir...

 

 

Et puis, une folie, je suis allé voir mon ami Philippe M. pendant la SFO [*].
Philippe est un ami de toujours, son sérieux m’intimide, je n’ose pas l’aborder en lui parlant de mon dernier voyage en Italie, genre “Jésus crie et le Caravage passe” ; ni même m’aventurer sur le terrain professionnel genre “est-ce-que tu prescris des lentilles air otiques O2 pour aider la cornée à se refaire une virginité ?”
Tout juste, de temps à autre, pour le taquiner, je lis des chiffres quand il me présente des lettres et je surprends son regard qui doute de mon QI, un peu comme le Christ dans le repas chez Simon, mais j’évite de rigoler pour ne pas perturber son examen.
Philippe joue avec la réfraction comme on joue au bonneteau : “Regardez bien mesdames et messieurs, je vais mélanger trois sphères, devinez où est le cylindre... Je débute avec le ticket du réfracteur puis je brouille le myope de + 2,00 et l’hypermétrope de + 2,25, je débrouille les deux avec la régle de Swaine pour arriver à 5/10e puis je rebrouille en ajoutant + 1,25 pour arriver à 2/10e.
Regardez bien mesdames et messieurs, chaque étape où je brouille est vérifiée par une contre-étape de contrebrouillage, j’ajoute encore + 0,50, voici l’œil droit, je cache l’œil gauche, la sphère passe de gauche à droite, je recommence, regardez bien, je cache les deux yeux pour vérifier qu’il ne voit rien, ouvrez les yeux monsieur, non pas l’œil droit vous êtes à gauche !”

J’ai maintenant sur mon nez la prescription de Philippe et c’est vrai que je suis très bien même par temps de brouillard : je vois des choses que personne ne voit ...
Je me suis fait immédiatement à mes progressifs contrairement à la paire précédente où je m’étais mis moi-même derrière le réfracteur et avec laquelle j’étais un peu surcorrigé avec mal à la nuque le soir. Je préfère toujours mes unifocaux pour lire de près longtemps.
Néanmoins, je n’ai pas fait de progrès au tennis, j’estime toujours aussi mal les lignes et j’ai mis 14 euros dans le tournoi de Jarnac pour prendre une ratatouille !
Un grand merci à Philippe pour sa disponibilité et le mal qu’il se donne pour la réfraction de ses bons amis.

* Congrès annuel de la société française d'ophtalmologie (nde).

Commentaires

1. Le mercredi 17 octobre 2012, 07:04 par ophtalmo toulouse

J'ai bien aimé votre façon d’illustrer tout ça, c'est vrai qu'un peut de légèreté ne fait pas de mal dans ce monde de fou.

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